Lorsque l'ingénieur Charles Felix Morice de la Rüe chercha un emplacement à terre pour la construcion du phare de Goury, il n'en trouva aucun compatible avec les missions que celui-ci devait remplir : indiquer de loin le passage du canal de la déroute et permettre un accès plus sur à l'anse de Vauville. C'est donc à 800 mètres de la côte, sur un rocher de 10 mètres de circonférence appelé " Le gros du raz" que la périlleuse édification fut entreprise.
Dans son excellent livre, "Sentinelles de mer en Cotentin" duquel sont tirées bon nombre des informations de cet article, Edmont Thin indique que la population s'attendait à
de nombreux accidents lors de la construction, du fait des courants particulièrement violents et des tempêtes nombreuses que connait cet endroit, situé dans le fameux et redoutable raz
blanchard. Cependant, vingt cinq ouvriers travaillèrent à cet ouvrage qui sera achevé au bout de trois ans sans qu'aucune perte humaine ne soit à déplorer.
Haut de 51 mètres et émettant un éclat toutes les 5 secondes, le phare de Goury sera allumé pour la première fois le premier novembre 1837. Electrifié en 1967, il est
entièrement automatique depuis 1990. Avant l'automatisation, quatre électromécaniciens se relayaient par équipe de deux pour assurer la surveillance et l'entretien du phare, deux semaines au
bout du monde et une semaine de repos à terre.
Pour le photographe désireux de fixer quelques animaux insolites sur sa carte mémoire, nul besoin de destination exotique : quelques mètres carrés de campagne suffisent. Dès les premiers pas dans les herbes hautes, les criquets trahissent leur présence par des bonds spectaculaires. Un peu de patience et vous finirez bien par en trouver un qui, plus calme que ses congénéres daignera vous accorder une séance de pose. Celui-ci a toléré ma présence pendant quelques minutes :
Contrairement aux sauterelles qui ne dédaignent pas quelques insectes pour leur repas, les criquets, dont on dénombre pas moins de 9000 espèces sont exclusivement herbivores.
Coreus Marginatus
Eurydema Dominulus
Enfin, le hasard m'a conduit vers ce couple d'amoureux que je ne sais pas identifier :
La vie est vraiment partout ! Il suffit de se baisser un peu (beaucoup !) pour pouvoir observer le spectacle qu'elle nous offre !
Les thomises, appelées communément araignées crabes appartiennent à la grande famille des arachnides. Contrairement à bon nombre de leurs consoeurs, elles ne construisent pas de toile mais chassent à l'affût, généralement sur des plantes ou des fleurs. C' est près de la lande du Brulay entre l' anse du Brick et Fermanville que j'ai fait la rencontre de celle-ci : une Misena Vatia.
La femelle est blanche, jaune ou vert pâle suivant la couleur de son environnement. Sa teinte peut varier d'un jour à l'autre en fonction de ses besoins de camouflage. Le mâle est plus petit et a des marques rougeâtres. Le céphalothorax porte deux rayures foncées et la longueur de leur corps va de 3 à 12 mm. Dans le Larousse des insectes et des araignées, ils est indiqué que les araignées crabes doivent leur nom à leur déplacement latéral. C'est curieux car bon nombre d'araignées se déplacent ainsi sans avoir hérité de ce qualificatif. Il me semble plutôt qu'elles doivent leur nom à leur forme caractéristique. Leurs pattes surtout font assurément penser aux crabes verts que l'on trouve sous les rochers à marée basse.

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